26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 20:49

 

Plus de trente ans après son premier disque, Bill Deraime, véritable légende du blues, revient le 26 mars avec son nouvel album "Après Demain". Bill Deraime interprète des protest songs et des chansons intimes, des cris de citoyen et des prières d’enfant perdu, sur un nouvel album engagé, fort, et férocement vivant comme le prouve le premier extrait "Esclave ou Exclu" que l’on découvre en clip. Chacun peut entendre et partager ses espoirs et ses rages, et tout ce dont il rêve pour notre humanité. Et, comme Bill Deraime le chante lui-même, « Je rêve les yeux ouverts ».

 

Son nouvel album est engagé, fort, férocement vivant. Il y parle du système qui broie les hommes, de la pauvreté, de la douleur de vivre, de la chaleur de la fraternité, de la vieillesse, de l’exclusion, de la liberté que l’on n’ose pas toujours prendre. Et il reprend ce qui est sans doute la chanson la plus féroce de l’âge yé-yé, "Les Cactus" de Jacques Dutronc. Oui, Bill Deraime interprète des protest songs et des chansons intimes, des cris de citoyen et des prières d’enfant perdu… « Dans la pensée, dans le feeling, dans l’expression, ce sont des sentiments profondément actuels. Les chansons viennent de ma spiritualité, mais aussi de ma rencontre avec Ray Charles ou Bob Marley, qui ont guidé ma vie. »

Plus de trente ans après son premier disque, il dit enfin : « Les années de formation sont terminées. Il m’a été donné de trouver la forme vocale et instrumentale, et l’écriture pour aller vers un public qui, comme moi, est en recherche. » Cette découverte a été un chemin dans la musique et dans l’Esprit tout à la fois. Un chemin de vie, aussi. Un chemin qui commence dans une cour sinistre à Senlis juste après la guerre, où le regard de l’enfant se heurte à un immense mur gris. Enfance rude, avec une mère que la médecine de l’époque ne sait soigner qu’en l’arrachant à sa famille pendant de longs mois. Scolarité poussive, jusqu’à ce qu’un professeur d’anglais, dans un collège mariste, fasse écouter du gospel à la classe.

Le futur Bill Deraime crée son premier groupe avec des copains, qui harmonisent sur des cantiques américains. La découverte de Ray Charles est un tremblement de terre : « La première fois, j’ai eu le sentiment d’entendre quelque chose de profond, comme dans le psaume 129 – « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur ». À sa première guitare, il apprend le blues de Big Bill Broonzy et Lightin’ Hopkins, puis le folk de Pete Seeger.

Des études ? Seule la musique le passionne réellement. Il attaque vaguement médecine, puis la kiné. Il vit à Montmartre dans un appartement en colocation, qui devient rapidement un QG beatnik – on est en 1967. On gratte la guitare place du Tertre avec un groupe folk, les Wanderings, on refait le monde, on fume de tout… « Après un mauvais trip, j’ai rencontré l’Enfer. J’ai réalisé ce que signifie le Christ quand il dit : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Le jeune homme se convertit. Avec sa compagne Florentine et quelques amis musiciens (dont Gabriel Yacoub, le fondateur de Malicorne, et l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau), il fonde le Traditional Moutains Sound, rue de l’Abbaye à Saint-Germain-des-Prés. D’un côté du couloir, un club de folk ; de l’autre, une free clinic où viennent tous les marginaux, routards et vagabonds. « Il y avait des hippies, des rêveurs, des déserteurs de l’armée américaine qui fuyaient la guerre du Vietnam, mais aussi des voyous qui venaient braquer la caisse du club folk. Au bout de trois ans, Florentine et moi avons accepté de partir à la campagne pour créer un centre d’accueil pour drogués. »

C’est le second centre de postcure créé en France, en même temps que le travail très médiatisé du docteur Olivenstein. « Une expérience qui me révèle l’importance de la vie », dit pudiquement Bill Deraime. Dix-huit mois d’une intensité et d’une violence effarantes. Ces pionniers parviennent à ramener à la vie des personnalités perdues dans la drogue, la souffrance et l’autodestruction. La musique devient une exigence pour sauver du stress, de la colère, du désespoir. C’est décidé : Bill Deraime écrira en français, parce que les pauvres des pauvres, les exclus, les marginaux ne parlent pas l’anglais.

Son premier album, en 1979, révèle une voix nouvelle sur la scène française – bluesy, profonde, puissante. Irradié par la ferveur de Bob Marley, Bill Deraime aborde le reggae. En 1981, avec "Babylone tu déconnes", le succès est énorme. Puis c’est la chute. La dépression, la tentation du suicide. « La foi est passée par ce creuset. Tomber m’a appris à compter sur autre chose que l’assurance de la vie sociale et de la sécurité matérielle. »

 

Bill Deraime sait qu’il ne sera jamais la star qu’il aurait dû être s’il avait fait confiance au système. Il préfère se battre avec le collectif Les Morts de la rue créé par le père Patrick Giros, devenir oblat de l’ordre bénédictin, ne pas s’attarder aux tentations de la gloriole médiatique. « L’important, c’est la rencontre », dit-il. Justement, après une rencontre sur une scène de concert, il a eu plaisir à inviter Sanseverino et ses musiciens sur le délirant Bobo Boogie. Et il n’aurait pas fait cet album sans quelques rencontres importantes, comme celle de l’organiste Jean Roussel (Soran). Un personnage… Arrangeur sur No Woman No Cry de Bob Marley, clavier sur la majeure partie des disques de Cat Stevens ou chez Serge Gainsbourg, Police, Ron Wood ou Julien Clerc, ce Mauricien à la barbe fournie ne conçoit pas la musique en requin de studio. Tout l’album s’est enregistré avec lui et le groupe de scène de Bill. Du blues pour la colère, du reggae pour la révolution, des chansons qui ont déjà fait leur chemin et d’autres toutes neuves… « Un album d’espérance mystique, dit-il. Je suis chrétien mais un athée, un musulman ou un bouddhiste peuvent s’y retrouver. Il y a une vraie unité dans l’amour et la miséricorde. »

Chacun peut entendre et partager ses espoirs et ses rages, et tout ce dont il rêve pour notre humanité. Mais, comme il le chante lui-même, « Je rêve les yeux ouverts ».

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David Bertrand Dicale - dans Clips & Musiques
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 10:58

Avec la tournée "Little Italy" qui passe dans toute la France, Roberto Alagna puise son inspiration dans la culture des immigrés italiens venus s'installer à Little Italy, quartier mythique de New York, avec dans leurs bagages, une tradition musicale riche. C'est là que l'arrière-grand-père de Roberto Alagna est né. Dans ce nouveau tour de chants, le ténor présente sa petite Italie et rend hommage aux grands compositeurs italo-américains qui ont façonné la musique du XXe siècle : Dean Martin, Franck Sinatra, Mario Lanza ou Louis Prima... et étend son hommage aux artistes français comme Nino Ferrer, Yves Montand ou Serge Reggiani, qui ont contribué à étendre la culture musicale italienne à travers le monde. A ne vraiment pas rater.

28/02 Pau, Zénith
07/03 Lille, Zénith
31/03 Marseille, Le Dome
04/04 Clermont Ferrand, Zénith
07/04 Epernay, Le Millesium
04/05 Grenoble, Palais des Sports
06/05 Lyon, Salle 3000
23/06 Metz, Arènes
08/08 Arcachon, Stade Vélodrome
10/08 Monaco, Sporting Club
13/08 Fréjus, Arènes
27/12 Nantes, Zénith
30/12 Paris, Zénith

Roberto Alagna : "Little Italy est le quartier de New York qui a vu naitre le ténor Jimmy DIANA mon arrière grand-père. Sa passion pour le chant et l’opéra lui permit de rencontrer le grand ténor Enrico CARUSO avec qui il se lia d’amitié dans les années 1915. Dans ce nouveau tour de chant j’ai voulu rendre hommage à tous ces italo-américains qui marquèrent grâce à leur talent artistique l’histoire de la musique américaine. Ceci m’amène naturellement à présenter ma petite Italie avec les chanteurs italo-français ou belges qui eux aussi ont marqué de leurempreinte le style de la grande chanson française."

http://www.robertoalagna.net

      

"Little Italy" deux mots qui sonnent comme une musique. Celle de ces immigrés italiens venus s’installer dans ce quartier de New York, avec pour bagages une tradition musicale riche, qui aura un impact considérable sur la culture populaire américaine et internationale. Little Italy, le quartier où est né Jimmy Diana, arrière grand-père de Roberto Alagna, jeune italo-américain fougueux et passionné d’opéra. Une passion qui le mènera à rencontrer le mythique ténor Enrico Caruso, avec qui il se lia d’amitié. Un héritage chargé de sens pour Roberto Alagna qui, après son triomphal tour de chant Sicilien, chante à présent l’Italie outre-Atlantique.

Dans son nouveau spectacle, Roberto Alagna nous présente sa petite Italie et rend hommage aux compositeurs italo-américains qui ont façonné la musique du XXe siècle. Les incontournables Dean Martin et Franck Sinatra ainsi que les pionniers comme Mario Lanza ou l’excentrique Louis Prima. La Little Italy de Roberto fédère au delà des frontières et étendra son hommage aux artistes français comme Nino Ferrer, Yves Montand ou Serge Reggiani, qui ont contribué à étendre la culture musicale italienne à travers le monde.

D’un continent à l’autre, Roberto Alagna nous propose un concentré d’une Italie universelle et éternelle, une communion artistique sur les traces des italo-déracinés partis à la conquête de nouveaux horizons. A l’occasion d’une tournée de concerts dans toute la France, Roberto Alagna présentera son nouveau tour de chant sous la direction musicale du spécialiste du genre : Frédéric Manoukian, dont le Big Band outrageusement swinguant, réunira une vingtaine de musiciens sur scène. S’inspirant des couleurs d’origines des premières formations italo-américaines, le chef d’orchestre réussit un époustouflant tour de force à travers des arrangements musicaux dynamiques et novateurs, épousant idéalement les inflexions lyriques de la puissante voix du chanteur d’opéra. S’appropriant avec respect le mythique style de leurs aînés, ces deux artistes hors du commun confèrent à leur Little Italy une dimension émotionnelle unique. Une rencontre artistique et humaine qui s’impose comme un pari, et une évidence.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 11:47

Le trio pop-rock Paganella fondé par Delphine Audevard et Sylvain Sentenach en 2002 , revient avec "Bingo", un album réalisé par Denis Barthe, ex Noir Désir.

Toujours sous influence britannique et empreint de liberté, Paganella qui a déjà à son actif des centaines de concert dans toute la France, a gardé intacte son énergie épique. On retrouve sur "Bingo" des textes épurés entre poésie et critique, et une musique incisive qui prend toute sa dimension en live.

Paganella puise ses sources dans le rock des 90’s et trouve son équilibre quand la féminité des harmonies pop se mêle à l’énergie virile d’un son électrique puissant.

Le trio donne une suite à son premier LP : "J’ai pas vu la nuit passer" (2008) avec 12 nouveaux titres musclés qui tranchent à chaque coup. La vérité brute, sans pudeur et sans complexe, d’un groupe de rock qui sait partager ses émotions.

Parfois incisifs et engagés, parfois plus fragiles et introspectifs, les textes sont toujours servis par un français sexy et des mélodies pop entêtantes.

Le nouveau set live de Paganella a été créé en Octobre 2012 au Florida (SMAC/Fedurock/Agen) avec le soutien de l’OARA, du théâtre Ducourneau, du Florida et du Conseil Général 47.

Le groupe a eu le privilège de jouer en première partie de Cali, Matmatah, The Kills, The Hyènes, Mass Hysteria, Astonvilla, Kaolin, Romain Humeau, The Film, Punish Yourself, La Grande Sophie, Prohom, Blankass, Eiffel…

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 12:30

Les danseuses et chorégraphes aux milliers de vues sur YOUTUBE seront à PARIS les 15 et 16 Juin. Laure Courtellemont (Paris), Mariel Madrid (USA), Yeya Ekstrom (Suède) se réunissent pour un grand moment à la Salle Wagram.

Women On Top sera le premier véritable évènement de danse à Paris placé sous le signe de l’enseignement et du partage. Voilà le 1er véritable WORKSHOP d’envergure internationale dans la capitale…

Un WORKSHOP est un événement basé sur l’apprentissage. Des élèves, confirmés ou non, se réunissent autour de professeurs chorégraphes de renommée internationale pour profiter de leur acquis techniques mais aussi apprendre de leurs parcours, de leurs inspirations et de leurs cultures…

Placé sous le Signe de la Féminité et de la Force, ce 1er évènement culturel réunira 3 Femmes de 3 Horizons et univers différents avec en commun une passion, une profession et un esprit d’accomplissement.

Laure Courtellemont, Mariel Madrid et Yeya Ekstrom vont animer ce 1er événement.

A événement d’envergure, lieu d’envergure... la Salle Wagram, à la fois symbole de modernité et foyer de la vie culturelle, elle incarne depuis maintenant deux siècles l’esprit de Paris. Ses origines remontent à 1812, ce qui en fait l’une des dernières salles de bal de la Capitale.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 12:00

Mickaël Miro voit la vie simplement avec son 2ème album "le temps des sourires".

Deux ans à peine après avoir marqué les esprits avec son premier album "Juste comme ça" certifié disque de platine et son célèbre Dam Dam deo "l’Horloge tourne" (La chanson de l'année 2011 sur TF1, à l'émission "La Chanson de L'année"), après avoir enchainé les tubes radios, mais aussi une tournée sold out avec un Olympia en Mai dernier !

Mickael Miro a tout de même trouvé le temps de travailler sur son 2eme album, s’entourant d’un nouveau réalisateur, Christophe Battaglia (Yannick Noah…).

Ce trentenaire auteur, compositeur, interprète bercé par la grande variété : Goldman, Berger, Cabrel… revient le 11 mars avec "Le temps des sourires" dont le premier extrait "La vie simplement" co écrit par Lionel Florence sonne déjà comme un hymne et déjà sur toutes les radios ! Sortie le 11 mars 2013

Michaël Miro propose sur son site internet http://www.mickaelmiro.com un concours photo #letempsdessourires pour gagner des lots exclusifs !

Suivez les infos, posez vos questions, donnez votre avis sur Twitter avec #LaVieSimplement

Mickaël Miro sera en concert à la Cigale à Paris le 14 mai 2013.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:57

Dom La Nena, le clip coup de coeur de

Voici un coup de coeur, un trésor intime de chansons folk tendres et lusophones, qui font la part belle aux choeurs et à des arrangements acoustiques insolites et élégants. La chanteuse violoncelliste brésilienne, installée en France, Dom La Nena, a accompagné Jane Birkin, Coming Soon, Étienne Daho, Rosemary Standley de Moriarty, Piers Faccini. A 23 ans, c’est avec ce dernier que Dom La Nena a enregistré son 1er album "Ela" qui sort en France le 18 février.

Piers Faccini lui a offert l’asile poétique en l’invitant à enregistrer en solitaire dans son home studio. L’album "Ela" reflète cette plongée dans les profondeurs de l’âme et ces élans vers le monde extérieur, parsemée de longs moments de solitude et de vifs instants de partage. "C’est un disque de passage", conclut Dom La Nena. On y retrouve Piers Faccini, Camille qui est un soutien de la première heure, ainsi que deux prodiges de la scène brésilienne Thiago Pethit et Kiko Dinucci. Ecoutez le titre "No Meu Pais", il y a de grandes chances que vous aussi vous tombiez sous le charme.

C’est une histoire d’exil et de mémoire, sur laquelle soufflent à la fois un vent de liberté et un parfum de nostalgie. C’est un voyage intérieur dans l’espace et le temps, à mi-chemin du réel et de l’imaginaire. C’est une musique comme seul le cœur des déracinés sait en inventer. C’est la musique de Dom La Nena, dont la vie sans attaches tisse en filigrane, par petites touches suggestives, la trame de son premier album, "Ela".

Dom née en 1989 à Porto Alegre. C’est là, dans cette métropole ronronnant au sud du Brésil, qu’elle s’abandonne très tôt aux charmes de la musique. Elle découvre et explore alors les richesses du piano, puis du violoncelle, qui deviendra son indéfectible compagnon de route. Mais c’est sous d’autres cieux que se jouera l’essentiel de son apprentissage. D’abord à Paris, où elle vivra cinq années de son enfance ; puis à Buenos Aires où, adolescente, elle partira se forger son destin d’instrumentiste auprès de sommités du violoncelle comme la grande Christine Walevska.

Lorsqu’elle revient à Paris, Dom n’a que 18 ans ; mais elle est déjà mûre pour faire le mur. Après avoir franchi des frontières pour parfaire la maîtrise de son art, elle est désormais prête à briser les barrières des genres musicaux. S’échappant des couloirs du conservatoire, trop étroits pour elle, et d’une possible carrière de musicienne d’orchestre, elle s’embarque comme violoncelliste dans l’équipe de Jane Birkin, qui l’entraîne dans une longue tournée internationale. Avide de rencontres et d’expériences, elle frotte aussi occasionellement son archet contre les cordes sensibles de Camille, du groupe Coming Soon et de Piers Faccini, avec lesquels elle s’initie aux vertiges de l’échange, de l’écoute et de l’improvisation. Elle se crée aussi une belle complicité avec la chanteuse Rosemary Standley (Moriarty), avec laquelle elle revisite aujourd’hui sous le nom de Birds on a Wire un vaste répertoire de classiques de tous les temps, depuis Monteverdi jusqu’à Leonard Cohen.

De cette odyssée de jeunesse, entre parcours initiatique et éducation musicale, Dom La Nena a tiré la partition intime des chansons d’Ela, qu’elle a composées au retour du périple avec Jane Birkin, dans la pleine solitude de son home parisien. Des chansons si proches d’elle qu’elle a préféré un temps les garder secrètes. “J’ai écrit les textes en portugais car je ne voulais pas que mon entourage les comprenne, dit-elle. J’avais peur de trop me dévoiler.” Ela, pourtant, n’entre pas dans le registre rebattu de la confession autobiographique. Mais c’est bien à travers un prisme expressif éminemment personnel que Dom, d’une voix nue et dénuée de tout effet tapageur, fait passer sa propre histoire. Mêlant réminiscences, images, évocations et éléments de pure fiction, ses textes semblent emprunter autant à la mécanique poétique du souvenir qu’à la mystérieuse science des rêves. Et c’est ainsi, sans jamais s’abaisser à la moindre impudeur, que la musicienne, effectivement, se dévoile, à nulle autre pareille, dans toute l’évidence de sa singularité.

Qu’elles revêtent les atours d’une valse (Anjo Gabriel, Dessa Vez, Buenos Aires) ou adoptent le tempérament d’une comptine (Você, Cançao Boba), qu’elles se laissent entraîner dans le tourbillon d’une danse (Batuque, Sambinha) ou dans des humeurs plus songeuses (Conto de Fadas, Menina Dos Olhos Azuis), les chansons de Dom La Nena relèvent toutes de la ritournelle, au sens premier et profond du terme. Tout en elles invite en effet à une forme de retour : retour sur soi comme à l’essence même du jeu, du chant et du geste musicaux, retour aux sources sensibles de l’enfance comme sur le temps écoulé. De leurs mélodies s’exhalent ainsi la naïveté des primes années comme la mélancolie diffuse qui accompagne toute entrée dans l’âge adulte, la fraîcheur des origines comme les subtiles fragrances de la saudade.

En panachant éclats de lumière et plages d’ombre (voir l’inquiétude qui court dans les traits de violoncelle de O Vento ou tout au long d’Ela), Dom, dans un fourmillement de nuances instrumentales et vocales, parvient aussi à mêler les sentiments contrastés qui fondent sa condition d’apatride. No Meu País ou l’ultime Saudade retranscrivent ainsi ce doux déchirement qu’imprime la distance avec la terre natale, et cet écart insondable qui, au fil du temps, se creuse avec elle. “Dans Saudade, raconte Dom La Nena, j’évoque le retour dans une grande ville comme Porto Alegre, qui est finalement assez provinciale : les lieux et les gens n’ont pas changé, alors que moi, je ne suis plus la même. Avec l’éloignement et la sensation de manque, on a facilement tendance à se créer un mélange d’images et de souvenirs idéaux : tout cela crée un décalage qui grandit avec le temps. Aujourd’hui, je vis à la fois avec une sorte d’orgueil national ancré au fond de moi et avec l’impression de ne pas être brésilienne… Petit à petit, j’en suis venue à rechercher et à inventer par moi-même un repère, à me créer mon propre pays idéal, qui n’existe pas vraiment. ” Ce pays intérieur, Dom La Nena, grâce aux ressources mouvantes, impalpables et inépuisables de la musique, est donc parvenue à lui donner la forme d’un album. Mais pour qu’Ela soit conforme à ses visions et à ses espérances, encore fallait-il qu’elle puisse le fixer dans un environnement propice à la création et à l’introspection. Un vœu exaucé grâce à Piers Faccini, qui lui a offert l’asile poétique en l’invitant à enregistrer en solitaire dans son home studio – un mazet situé à l’arrière de sa maison, en plein pays cévenol. Là, en retrait du tumulte et au cœur de son propre monde, Dom a pu recréer les conditions dans lesquelles elle avait imaginé ses chansons. “Comme à Paris, j’ai fait avec ce qu’il y avait autour de moi, dans la pièce, pour échafauder ces constructions fragiles comme des châteaux de cartes, où chaque élément a sa place, où l’on ne peut pas en enlever ou en rajouter un sans prendre le risque de rompre l’équilibre”. Piers Faccini, lui, aura finalement tenu bien plus qu’un rôle de maître d’hôte : actif dans la coréalisation de l’album, glissant sa voix dans les replis de Dessa Vez, il hante avec un tact infini le décor d’Ela, ici avec des chœurs spectraux, là avec de discrètes touches instrumentales ou rythmiques. “J'ai travaillé seule pendant quelques jours, puis j'ai fait écouter le résultat à Piers, qui a immédiatement adoré. Ayant beaucoup écouté sa musique depuis l'adolescence, je rêvais secrètement de lui demander de participer, mais je n'osais pas trop… Heureusement il s'est proposé de lui-même, et à mon grand bonheur notre collaboration s'est faite en harmonie totale : tout ce que Piers ajoutait était juste, parfait, il n'y a pratiquement rien eu à enlever ni à modifier !

La musicalité fluide et naturelle d’Ela provient de ce ludique travail de précision, de ce plaisir de construire combiné à un permanent souci de justesse, de ce goût pour les trouvailles d’arrangements associé à un sain mépris pour tout son superflu. Elle doit aussi beaucoup aux intuitions et à la clairvoyance de Dom La Nena, qui a su ouvrir son univers à une poignée d’autres présences amies, afin qu’une légère mais vitale brise d’altérité traverse ses chansons sans en altérer la dimension intimiste. Telle une partenaire de récréation, Camille, soutien de la première heure, participe ainsi aux jeux de mains et de voix de Você, tandis que le chanteur brésilien Thiago Pethit, dont Dom a appris incidemment qu’il avait vécu dans la capitale argentine au même moment et dans le même quartier qu’elle, vient logiquement poser son chant sur Buenos Aires. Kiko Dinucci, autre prodige de la nouvelle scène brésilienne, apporte avec son comparse Guilherme Kastrup les soubassements percussifs de Batuque.

Et c’est ainsi, entre cette plongée dans les profondeurs de l’âme et ces élans vers le monde extérieur, entre ces longs moments de solitude et ces vifs instants de partage, que respire la matière ô combien vivante d’Ela. “C’est un disque de passage, conclut Dom La Nena. J’avais besoin de régler certaines choses, de m’enlever un poids.” Ce poids, elle ne s’est pas contentée de l’ôter de ses épaules ; elle l’a converti en une musique qui lui ressemble, à la fois intense, joueuse et libre comme l’air.

A la Boule Noire à Paris le 21 mars.

Au Printemps de Bourges 24 et 25 mars au Théâtre Jacques Cœur.

http://www.domlanena.com/

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David Richard Robert - dans Clips & Musiques
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:56

La tornade Mindless Behavior est de retour avec un nouveau single "Keep Her On The Low".

Véritable bombe Hip Hop, "Keep Her On The Low" est produit par le combo Sean Garrett (connu pour ses collaborations avec Usher, Beyoncé) et Team S.Dot mis sur le devant de la scène pour son travail avec Diddy Dirty Money. Ce nouveau single est le 1er extrait de leur 2nd album "All Around The World", prévu pour le 11 mars prochain. A la production on retrouve, Walter Millsap (Beyoncé, Timbaland, Alicia Keys), Sean Garrett (Britney Spears, Nicki Minaj), Rob Wells (Justin Bieber) et Ester Dean (Rihanna, Katy Perry).

Chaque apparition des 4 membres de la nouvelle scène pop-rn’b souvent comparés aux Jackson 5 du 21ème siècle, crée l’euphorie! Les fans français se souviennent encore de l’ambiance survoltée autour de leur concert au Bataclan (complet en 1 semaine)  - vidéo de fan ci-dessous - et de leur showcase à la Fnac Montparnasse en mai dernier. Autant dire, que ce nouvel album est très attendu par la "Team Mindless France".

En ligne, les MB affolent les compteurs avec plus de 156 millions de vues sur leur chaine YouTube, plus de 1,5 millions de fans sur Facebook (dont 20 000 en France) et près de 805 000 followers sur Twitter. Le groupe bénéficie d’une incroyable notoriété auprès de ses fans (#2 des artistes Universal, juste derrière Lady Gaga en terme de popularité online) ce qui leur a permis de vendre plus de 400 000 exemplaires de leur 1er album, 5.5 millions de sonneries et plus de 845 000 singles à travers le monde.

Nouvelle année, nouveau challenge pour les MB qui en plus de revenir avec un nouveau projet et de chanter pour l’investiture du président Barak Obama, feront leurs premiers pas au cinéma dans un film - documentaire intitulé All Around The World. Sortie prévue le 15 mars aux US.

All Around the World l’album sortie le 11 mars.

All Around the World le documentaire sortie le 15 mars.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 12:40

Dimanche, lors de la finale du championnat de football américain, le "Super Bowl" à la Nouvelle-Orléans, les 173 millions de spectateurs et téléspectateurs avaient les yeux rivés sur Beyoncé. En effet, Beyoncé a assuré le spectacle de la mi-temps du Super Bowl sans play-back. Ensuite, la star a retrouvé ses anciennes acolytes des Destiny's ChildKelly Rowland et Michelle Williams, pour un medley de leurs meilleurs tubes. 

Pour info, la grande finale NFL a été interrompue pendant trente-cinq minutes peu après le début du troisième quart-temps à cause d'une panne d'électricité. A la fin du temps réglementaire, les Ravens de Baltimore ont remporté le match en battant les 49ers de San Francisco 34 à 31.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 16:41

Laisse-moi vous présenter le nouveau clip d’Al Yass, "Salir Ma Cape", en featuring avec Mister You :


Pour son arrivée en France, le rappeur de Montréal nous offre un morceau Hip-Hop avec un des plus grands rappeurs français, Mister You, qui nous fait la surprise de rapper pour la première fois en anglais.Un second titre avec un guest est déjà prévu pour le mois de mars et la sortie de l’album pour juin 2013.

Al Yass de son vrai nom Raouf-Khaled Laïb est un jeune rappeur d’origine Algérienne né à Montréal au Canada. Après une enfance très mouvementée, il part s’installer en banlieue parisienne à Noisy-le-Sec (93) où il termine une partie de sa scolarité.

Très vite il baigne dans la vague musicale de l’époque et écoute des artistes tel artistes tels qu’Oxmo Puccino, Les Sages Poètes de la Rue, NTM, Ideal J, Mc Solaar, Mafia K’1 Fry, Arsenik, Fonky Family ou l’incontournable duo Lunatic (Booba&Ali) qui lui donnent goût à son tour de griffonner quelques rimes éphémères jusqu’en 2003 où il débute timidement au sein de quelques groupes underground du 93. Grand amateur de musique Reggae, Soul et Hip-hop, il continue en soliste et début 2004 il contrôle son flow, perfectionne sa plume et structure ses textes, peaufine et découvre son propre style tout en restant dans l’ombre.

En 2008, Al Yass assemble ses morceaux et les concrétise par une première mixtape «Odeur de Crime» sur laquelle on découvre des punchlines à souhait, un flow atypique et de bon choix de collaborations. Le nom d’Al Yass se propage rapidement, son public se forme inévitablement, il poursuit en 2010 avec un premier single du même titre que sa mixtape. Al Yass s’absente de la scène quelques temps, il touche à différents styles, découvre d’autres facette de la musique, perfectionne son nouvel engouement pour le R’n’b, style auquel il s’adapte avec brio et sans complexe.

En 2011, Al Yass est signé au sein de MONEY RIDERZ RECORDS, maison de disques prometteuse installée à Toronto. Il est pris sous l’aile de «Jeune Prins» avec lequel il construit des projets solides et enregistre des titres chargés de compositions musicales variées, de mélanges de styles novateurs, un son nouveau, original et électrique sur lesquels se dévoile un artiste de talent.

Déterminé plus que jamais à prendre l’industrie de vitesse et à enfin donner une image solide au rap Montréalais Al Yass se lance à la conquête d’une France prête à l’accueillir et si on lui demande ses motivations, il répondra par une signature qui lui est propre… Fallait qu’on le fasse !

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 12:46

 

Pour son deuxième album "Droit Dans La Gueule du Loup", Melissmell a choisi d’enregistrer des titres composés par Guillaume Favray, déjà auteur de deux titres sur Ecoute S’il pleut. Il y a dans ce nouvel album des colères, des larmes, des splendeurs, des tristesses, des forces, des prodiges. Ce n’est pas un gentil disque de chansons sages. "Dans Droit Dans La Gueule Du Loup", Melissmell contemple la gueule cassée du monde sans détourner les yeux. Rage, sincérité, profondeur, compassion. Un premier extrait, Le Déserteur est à découvrir en écoute sur www.melissmell.fr

Il y a dans cet album des colères, des larmes, des splendeurs, des tristesses, des forces, des prodiges. Ce n’est pas un gentil disque de chansons sages. "Dans Droit dans la gueule du loup", Melissmell contemple la gueule cassée du monde sans détourner les yeux. Rage, sincérité, profondeur, compassion.

En travaillant à ce deuxième album, elle n’a pas conservé ses propres chansons. Elle a décidé de ne chanter que les oeuvres de Guillaume Favray, qui avait déjà signé deux titres du premier album de Melissmell, "Écoute s’il pleut". Pourquoi ? L’envie irrépressible de faire vivre des chansons qu’elle admire et qui, autrement, resteraient au placard. "Cet album, c’est celui que Guillaume aurait pu faire, l’album qu’il aurait dû faire", dit Melissmell, admiratrice d’une écriture héritière de Jacques Brel ou de Mano Solo.

Elle a enregistré avec deux musiciens au parcours éloquent : le pianiste Matu a joué plus de dix ans avec Mano Solo et a arrangé l’album Les Années sombres (une référence majeure pour Melissmell et Favray) avant de partir avec Indochine, et le guitariste Daniel Jamet était dans la Mano Negra avant d’accompagner lui aussi Mano Solo. Mais ces deux aînés (renforcés par Christine Ott aux ondes Martenot sur trois chansons) étaient aussi de vieilles connaissances : "Le hasard fait que les premiers musiciens que j’ai rencontrés en arrivant à Paris sont les musiciens de Mano Solo."

Cela donne une étonnante cohérence à son parcours pourtant chaotique. "Je ne suis pas de la ville", dit-elle d’emblée. Elle vient d’un village d’Ardèche, d’une famille "dans laquelle le texte français est très présent". Sa mère est fan absolue de Goldman, sa grand-mère adore Desproges, elles se partagent Brel, Coluche, Brassens, Devos… "Toute la variété française est passée chez moi", avant que Mano Solo et le punk lui retournent la tête. Dès lors, elle présente "tous les symptômes de la fille qui va devenir artiste". Tant pis pour l’école. "J’ai fait tous les métiers imaginables quand on part de rien. Quand j’en ai eu assez d’être l’esclave apprentie d’un patron, je suis partie sac au dos et j’ai atterri dans la rue." Elle chante sur les trottoirs en dormant dans le bois de Vincennes, passe un BTS sans avoir le bac, se fait peintre en bâtiment et graphiste, conquiert son premier public dans les bars et dans les squats. "Et la vie m’a récompensé du travail et des risques que j’ai pris."

Mélanie est alors devenue Melissmell, pour la mélisse qui, selon la tradition, soulage "les maux des femmes", pour Smells Like Teen Spirit, pour le mélisme, pour " Mel is Mel", pour le lys de mer fossile que l’on trouve dans le sous-sol de l’Ardèche…

Et, pendant six ans, Melissmell a écumé les scènes avec quatre musiciens rencontrés à Strasbourg et, comme elle, nourris de rock et de rage. Avec eux, elle est devenue une référence. Son Aux armes mêlant Marseillaise et Internationale a rappelé que la chanson en France peut encore refuser la tiédeur. Et les concerts incandescents de Melissmell réconcilient amoureux du verbe haut et fervents de l’électricité.

Armée des mots de Guillaume Favray, elle arpente avec "Droit dans la gueule du loup" un territoire de mélancolies véristes et de poésie noire. Elle l’avoue tout droit : "Il s’agit de dire la vérité, quitte à se faire détester." Mais c’est le plus sûr chemin pour conquérir les coeurs.

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